Etincelle


6.10.2008

(O) - CRIQUES ET DIALOGUES SUR LA JETEE


Promenades en un moi-même plus bigarré, étoffé et étrange qu’il ne le sera jamais.
Ah, l’invention banale…

Sous le masque se dresse
Le châtié chapiteau
Où s’épleure l’imbécile

Cycle et cirque, me voilà repartie sur une mauvaise (im) passe.
Les larmes aux rêves, les sandales aux pieds qui foulent le sol jaune
Pourfendeuse de caravanes.
Les mains glacées de LETTRE m’ouvrent grand les paupières.

...Regarde...


Le fauve en cage rut sur ses barreaux, ou le fauve des barreaux en rut sur sa cage, encore et en corps, giclant son fluide sur des leurres bon marché, pendant qu’on l’enchaîne par la queue en silence ?


- Range tes liens : J’ai cru voir aujourd’hui et constate que je ne sais rien que l’on veut bien me laisser paraître.
Des heures de regards énamourés et de sourires complices auront suffit à tromper mes naïfs préjugés. Quelle fille ne voit ses pères s’en aller...


...Confiance mordue, en une mousse verdâtre aux lèvres. Rage. Et le regard à droite, si on tends l’autre joue…Coupure…



La fine lame émoussée enfin, brûle ses croix en carton d’une flamme bleue à l’âme, et s’ouvre elle-même en faim.
Découvre, en quelques agoniques secondes, les méandres flasques de sa médiocrité ?

- On ne couvre qu’en société. Dans mon doute et mon après midi, la chapelle s’est ouverte sur moi. Et malgré Ferveur et Douleur des pieux iconoclastes, ma voix s’est affaissée seule sous le dôme supportant les siècles de martyr, seule. Je n’en suis pas des unes, je cherche à respirer. La voie de l’air semble être encombrée. Il y a du brouillard dans ma bouche :
Mon haleine fétide.


...Ma fétide en laine. A l’estime morcelée. Lève les yeux, au ciel traîne une Pelforth vide de sens et d’essence…


-L’amour est mort et la conscience ivre trahit le funambule sur l’abîme sans merci,
"Merci, l’abîme"
Le suicide de l’équilibr(iste) ?


-Ou tension d’un autre fil. J’ai vu des draps me rattraper en ces jours de manière inattendue
Et des bras me happer jusqu’à l’aube de mes seins. Aspirer au creux de mon corps jusqu'à la moindre parcelle de félicitée. Pour en parfumer la pièce autour.
Quelle enflure que je ne crois que ce que je me borne à penser. Le rempart de fierté, la tour doucement abolie. Lentement enfle mon ventre.


...Regarde tes pieds, pendant que tu le peux, Un cœur bat à ta cuisse…


La spectatrice à ton membre s’entête, n’a guère plus de 2000 ans, et son lourd cupidon rose à sa main calcinée la pousse à s’asseoir, fascinés, parmi les décombres et les combres comblés. Et sable doucement s’enroule sous ses cheville,et s’endors sous son corps suintant de larmes suées ?

-Très facile en effet. La suie de mon corps s’essuie doucement, mais laisse des marques sur les doigts affectés. Empreinte digitale des réactions face à la peine : dites un mot, on vous (re)connais. Voilà que l’ange lépreux ne l’a laissé connaître. Distraite, en mon monde, j’ai voulu arracher tes yeux, que tu ne vois ma bave oculaire. Je me boule maintenant et roule sur moi-même en une lente litanie, l’impression que les incantations vont t’amener devant moi
Elles n’attirent, par expérience, les morts. Ont l’obligation, par définition, des aimants.


...Arrête ton char, tu patine dans la marre Tendresse qui s’exhibe à tes pieds. Regarde donc un peu les eaux troubles où tu traînes…


Une flaque flotte au dessus du goudron délavé, et stagne dans son flot d’argent un ticket qui fleure (bon) l’ORteil
Or, il est coupé.Sa raie transversale cisaille ta cheville. Vrille, car occupée.
A chercher l’autre instance, à la voir s’éloigner.
Le coté des déclaration, et celui de la péremption.

- Mes parents ont décidés de se séparer il y a deux jours, et deux fleuves abreuvent ma cruche sans que je ne puisse faire d’autre que de l’incarner.


Et choisir qu’elle soit à moitié vaine, ou à moitié libre.


Orkimaru

6.09.2008

(T) - DOUBLE TRANCHANT

Et la mer.

Elle s'enlace, joue de ses yeux aux reflets d'écume, pleure de plaisir.
Je suis là, sur la dune. Je souris. Je sais que toute mer repose sur de la terre, et que toute mer s'érode un jour.
Mais je m'assois, et regarde. Je caresse les dunes des paumes endolories. Toujours étonné qu'elles soient là, d'ailleurs. La terre est toujours chaude, et mon corps sec. Les galets ardents sont depuis stockés dans mes poches. Il n'y a que dans mes yeux que la brume demeure.
Gouttes d'honneur, eaux de tout sang.

Et la mer.

Les roseaux se brisent, car la mer s'est retirée. Ça, je le sais. Tous les gens le savent. Mais où vont les roseaux, ils débouchent tous dans l'horizon ; je les vois souvent passer, quand je me détourne : alors je les rattrape, et les miettes de roseau se font sable maudit.

Et la mer.

Je la vois onduler, elle m'évoque quelque équivoque que je bégaie, dont je me souviens pour oublier et médire. Le temps des magnificences venait de passer : c'était un nuage, aux angles si abstraits que ma raison s'acheva. Le regard s'éclaira derrière la brume, et je pus apercevoir des vallons perdus.
Des rondeurs grasses, au lait crémeux et l'abondance. Le soleil jaune tente de s'expulser pour roder dans le gris mais déjà mon cœur se décharge. Seule subsiste la profonde.

Et la mer.

La mer, aux illusoires abysses. Celles que je réinvente en vain et avec fierté, en beauté. Sous l'onde, on vous comprend, on vous lit mais qui vous entend et saisit? Même le sang ne veut pas parler dans le diadème des baies d'ébène.
J'ai renoncé à la communication tout comme le destin permet le malheur lourd, impalpable, imprésentable.

Le temps n'est pas important.

Il ne l'a jamais été. Les rancœurs et le mépris sont viscères, pas plus que les histoires de sentiments. La tension, le rejet, tout s'évanouit dans la mer. Tout ceci reste à confirmer, ma vie m'a appris que la mer, ce n'est pas l'océan.

Ma vie est remplie de gourdes, d'yeux secs, et les fausses sept mers.



Teckhell

6.05.2008

(T) - TACTILES OUBLIS

Ma mémoire de plus en plus s'efface.



Or, même si je n'aime pas ce que j'écris, il me faut néanmoins l'apposer quelque part. Ça sonne comme une banale évidence. Oui, c'est comme quand mon professeur d'histoire après avoir lancé un désespoir, qui arrête sa gestuelle, rabat ses mains, lève les yeux pour mieux scruter le mur.
Et il dit aux briques "C'est comme ça." ; et les briques ne pleurent même plus.



INSERT COIN


L'âge, cet intemporel ;
Souples bougies dentelées
Au creux des années grises
Qui sucrent nos vies de sel.

On est pas Serre-ieux quand on a dix-sept ans.
Juste les yeux Yannis et la fleur aux dents.


INSERT COIN

Le péril faune


La rivière jaune, au fond d'une tombe, sinueuse et onctueuse, déborde.
Le terreau attaqué s'effrite, s'effare, s'affaisse ; le glissement de terrain dérape.
La flute des pans jouent ses notes rugueuses, un caillou blanc expire, des monts s'effleurent.
Arrivent les incestueux insectes, goupils carapacés. Le rectangle spasmodique hurle des balivernes de son toit, d'où des lords mandibulaires s'évadent dans le crépuscule.
Soudain, un serpent des dunes déambule, hagard. Affaissé par des gourmandes canines, le sable incante le roc ; le corps embrasse l'immonde ; l'espace abrège le beige dilué.
L'éponge subit une apocalypse puis, calme las. Les dits lords redeviennent simples imposteurs, le serpent enfoui une nouvelle fois et la flute, puis c'est le juron.


INSERT COIN


C'était un débris qui dévisageait une ordure puis merdre. Silence. Un haricot se retourne, s'évanouit ; il se réveille et s'enfuit encore.


INSERT COIN


Un chien mastoc mastique une plante. Son poil paille se soulève dans les bourrasques ; les oreilles virevoltent et le cabot s'allège.
Dans le vieil écume, l'œil motte de terre du mammifère scrute des distances. Les pattes brossent vaguement des airs et les pins chantent.

Le défini est alors défait et l'abstrait comparé.

Les limbes souterraines et révoltées puisent des feuilles éparses, les subliment en arabesques ; alors les libérées s'inondent dans l'oxygène.
L'instinct reprend ses émois, et déjà le canin ondule maladroitement son être afin de saisir, de se raccrocher. Il gronde des tonnerres et griffe les séismes, ce cabot du mimétisme.
Ca y est, déjà l'ampleur : le chien délaisse sa plante et dévore l'atlante terrestre.

INSERT RIEN


Aujourd'hui, mon casque est mort et j'en parle encore à mes oreilles. Et on ne comprend pas, non. On ne comprend pas. Alors je les prends avec mes mains, et à nous cinq, on dodeline doucement de la tête. Les chansons ne viennent même plus.



Teckhell

6.01.2008

(O) - NECTAR VASCULAIRE

... Et tout ce que rend, le soir, un cœur (op)pressé. 'Temps d'honorer au moins une fois le phénomène, car la machine doucement s'enraye, sur le chemin terreux de la sérénité.




O.O

On a éteint la nuit, et glissé des allumettes sous mes yeux sourds, des rigoles sous mes paupières lasses, des lacets contre la chair de mes poignets.

On a éteint la nuit, et dénudé mon âme, sans arme ni repos contre les vingt-quatre heures d’angoisse qui battent furieusement, à ma gauche poitrine.


Des milliers d’épingles à nourrice, affament mon estomac transpercé.
Et la douleur de son absence
Et la terreur de ma présence…

Seule, ici, à tendre la bougie vers qui éclairera ma lanterne :
Pourquoi à-t-on éteint la nuit ?

Ma tête qui gronde comme seule veilleuse
Puissante à chasser, tous les vendeurs de sommeil
Le marchand passe, et le sable m’irrite les yeux,
Arrivent les larmes plus vite que les ronflements
Des machines du raisonnement.

On est peu raisonnable, lorsque qu'on aime animalement

Ma bête qui gronde du triomphe de la peur
Ne plus s’assoupir enfin,
Ne plus assouvir alors,
Les dessins solitaires, du vers qui se meurt.

Night butterfly au z’ailes trop prononcé,

Je puise mon repos le jour,
Au puits de ton sourire.

La nuit a cessé.



Orkimaru


Snake