Etincelle


4.27.2008

(O) - DUST'S TANGO

Il est de certaines pulsions comme des somnambules: on se doit de les réveiller mais craint de le faire...
556 mots bien haineux pour quelqu'un qui ne les mérites pas tous, mais qui une fois fichés au cœur de la feuille ne se retrouveront plus -je l'espère- au creux de ce dernier.

Il est temps d'améliorer assurance comme endurance. Ce que je n'aurais su faire seule.


§§§

Dire que je croyais que les pluies salées avaient cessé. J’ai laissé la bienséance s’assécher du martèlement des mes larmes, sans bouger du sol de tristesse malléable. Et j’observe désormais.
Ce qu’il reste d’une plaie en train de cicatriser.

Les pieds dans la boue noire, l’oreille grinçante au son de la croûte durcie qui se craquelle autour de mes chevilles : j’avance d’un pas.
Et c’est toute la Plantaire Pangée qui se fissure, l’océan de sang, et ses cinq continents incontinents de l’émotion, constants méfiants conspirant l’incompétence
D’un esprit floué
D’une conscience éplorée
D’un cœur de viande trop fraîche, dégoulinant d’une lâche sensiblerie.
Main sur le cœur, cœur dans la main, et des jointures enflées et éraflées.


Oh… Souvenirs des aubes.

Peau jeune gominée, guimauve, grossière
Effleurée, martelée, palpée, violentée, arrachée, pincée, enfoncée, défoncée,
Terre malléable avec un talent consommé
ARTgile.
Tripotée jusqu'à l’assouplir, jusqu'à ce soupir que je ne t’ai jamais donné. Et les murs bleus qui se referment doucement sur moi…
…Le miroir surgit dans mon dos, réfléchit sur les marques, translucides, que tes doigts ont laissées.
Chienne en laisse,
Chienne délaissée,
Chienne échappée.

Qui galope à ton présent et ton mollet, qui trébuche, tombe d’une estime sur laquelle tu t’es trop souvent assis, tassée et dépassée.
Il y a longtemps que je ne t’autorise plus à te retourner, et tu le sais. 3.5 km de haine, pour finir le nez dans la poussière, honteuse et haletante, mousse aux lèvres, à tes pieds. Panards penauds, Mourant et Mouvant de peur de se faire mordre par une rage que ta force ne peut plus plaquer au sol.
Le bec trop gros pour t’envoler.
A(h !) ma bassesse, ton 48 en l’air, en expectative.
What have you expected from me at that time?
*-Oh mon grand impuissant…* Et je ricane, ma sale salive lie la terre à mes lèvres en une expectoration à quelque cailloux de ton talon.

Les miens se replient sous moi
Quatre pattes….
S’aplatissent doucement
…Deux jambes…
Supporte mon poids
…une tête.

Et se détournent lentement, sans un mot.
Les femmes ne parlent pas plus que les chattes sauvages aux imbéciles.

Les yeux, oh ! Haut au ciel, vers cette chambre qui m’attend, espace exclusif que tu ne franchiras plus.
Vers les trois compagnons d’infortune qui m’attendent, ensommeillés mais étrangement attentifs au bruit de la porte.
Vers ces ‘Hey’ qui m’attendent alors que l’écran clignote.
Vers tout ces pygmalions eux-mêmes statues de cire, réchauffées au feu des sentiments
Dans le bruit du vent orgueilleux qui gronde contre mes tempes glacées, qui masquent ton appel

Il n’y aura plus de ces aubes.
De Je à Tu,
Je T’ai Tué.


Orkimaru

4.20.2008

(T) - LOADING

Bon bon bon... Blogspot est une petite pépite pour un vieux blogueur à la masse comme moi.

On modifie peu à peu le site, donc ne vous offusquez pas des changements étranges (exemple: être redirigé sur le site de la CIA.)

...

Ah oui, j'oubliais. Personne ne nous lit. Alors on peut dire des tas de trucs affreux.

'pense à des trucs affreux'

'élabore des trucs affreux'

'teste sur son chien des trucs affreux'

'paie sa consommation annuelle de trucs affreux à l'État'

'recommence'


...


Bon, tout ça pour dire que la semaine est un peu chargée niveau boulot, mais qu'on devrait être bientôt de retour.


Teckhell

4.18.2008

(T) - AM STRAM DRAME

Encore une écriture d'invention, décidément...
Le sujet était d'imaginer une scène qui aurait pu figurer dans Un Roi sans divertissement.
Même si je m'identifie énormément à Langlois, le style de Giono n'est pas mon favori.
Reste le plaisir de l'écriture et de faire des lignes, comme ça. Oui, juste comme ça.
J'ai passé l'âge des grandes batailles.




__________________________________________________________________




...
Frédéric IV, dans mon investigation, m'avait parlé du rapport qu'entrenait son grand-père -Frédéric II- et un autre homme. J'ai toujours eu de la tendresse vis-à-vis de leur parentage.
Je notai son témoignage sur quelques feuilles de papier, si jamais cela pouvait servir à l'explication du drame sur lequel j'enquêtais.



...Grand-Pa était un sacré bonhomme, me disait-il. Il aimait fouiner par-ci, par là, avant que sa famille se réveille. Il allait on sait pas où, mais il y allait. Ça devait être un peu avant l'arrivée de M.V. qu'il a du rencontrer M. Râble. Il m'en parlait lors des veillées au coin du feu, et j'étais si absorbé par la lueur dans ses yeux que mes pieds se retrouvaient souvent un peu brûlés sans que j'y comprenne rien! Alors il riait, et reprenait.



...Mets toi un peu d'eau sur les petons, couillon! Ahaha, voilà, c'est mieux. Où en étais-je...Ah oui. M. Râble avait participé à la création du Cercle des Travailleurs en 1845, et il avait déjà l'âge d'avoir un certain âge, si tu vois ce que je veux dire. Beaucoup de gens lui était reconnaissant. Sa générosité ou sa sagesse reconnue lui donnait que'que chose. D'ailleurs on l'appellait Baron. Il avait comme un but dans ses yeux charbon. Et pas beaucoup de gens ont des buts dans les yeux, fils. Pas beaucoup de gens.
...Quand M.V. a commencé à sévir, il se sentait responsable de résoudre le problème. Il a emporté ses outils -il faisait un peu de tout, à l'époque, sans doute pour pas perdre la main- et est allé se terrer dans les forêts, pour surveiller et protéger tout le village. Y en avait qui trouvaient ça bien, d'autre qui le traitait de fou. Je crois bien que j'étais le seul à dire qu'il était courageux. Bande d'ingrats!
Enfin, toujours qu'après que j'ai suivi M.V. -j'te l'ai déjà racontée cette histoire, hein, lutin?- et que Langlois l'ai envoyé valser -ça t'es un peu jeune- , eh bien, personne n'avait informé le bon M. Râble: on avait trouvé plus bon que lui. J'ai trouvé ça triste, alors j'ai attendu. Mais pas de M. Râble. Les jours, les semaines et les minutes qui passent. Alors j'ai juré, et j'ai dit à ta grand-mère et ton père que j'lais braconner un peu dans la forêt pendant quelques jours, et j'suis parti avec mon havresac, comme un lascar. Je peux te dire qu'ils grognardaient!
...J'dois avouer que ta grand-ma elle est plus calée en géographie que moi. J'fonctionne à l'instinct, donc je saurais pas te dire par où j'suis passé, où j'ai débarqué. Y avait tantôt de la gadoue, tantôt des orages, tantôt du gibier. J'comptais les nuits pendant quelques jours, puis j'les oubliais. C'était le début de l'automne -on était en 1847-. J'étais triste de toujours pas voir M. Râble, malgré la balade. Et pis le champoreau, le schnick vinrent à manquer et j'étais déjà moins enthousiaste.
...Un jour que je chassais le lapin, j'ai entendu un aboiement. J'me rapproche et j'tombe sur un barbet! Il me saute dessus pour me pitrogner, l'bestiau, j'ai les os en compote comme si un bardot m'avait sauté dans les bras ; j'me relève, lui gratte la tête que déjà j'étais reparti dans une sieste. On aurait dit que son bâillement allait avaler le monde, la vache! Pour le réveiller, je le huche: va chercher ton maître, garn'ment! Il file et m'amène à un genre de cabane bizarrement bien fichue, vu l'coin. Mais pas le temps de regarder que déjà j'suis devant la porte:
" Y a quelqu'un?
- Oui.
- Qui?
- L'vieux Râble
- Ah bon!
- Qui tu voulais qu'ça soit?
- Bah je sais pas...J'peux rentrer?
- Pour sur, Frédéric!"
...Quand j'suis rentré et que l'ai vu, j'ai eu comme un pincement au cœur. Sa fière moustache avait fait place à une barbe poivre et sel pleine de restes, ses vêtements étaient déchirés par endroits et y avait des entailles sur ces bras. Surtout cette maigreur, le con!
On aurait pu faire des notes de musique en tapotant sur ses os ; il avait comme desséché.
Mais il y avait toujours cette lueur dans les yeux, j'étais rassuré.
Il avait bricolé une table et des chaises avec des mousses, des grandes écorces, et des cailloux polis. Des vieilles gamelles et pots en fer étaient disposés sur une étagère de fortune. Des branches brûlaient dans un coin, et je me demandais comment ça fait pas péter le tout -les mystères de Dame Nature fiston-.
J'avais envie de parler un peu avant de lui annoncer pour M.V. ; mais il m'embarqua dans une promenade, tant que le soleil était encore un peu haut, le tout sans un mot.
Il avait l'air d'avoir une destination précise.



...Après de longues recherches, j'ai découvert la cabane du vieil homme, incendiée. J'avais veillé à y revenir à peu près à la même époque où Frédéric II l'avait découverte. Les feuillages s'y succédaient tout autour, mordorés et crépitants. Les teintes de vert fuyaient l'incendie rouge et cuivre. C'était comme si la vie des arbres revenait en eux, intime et brûlante, dans une incantation chromatique ; comme s'ils préparaient tous leurs êtres au choc naturel de l'hiver, bientôt traversés par la langueur du temps.
Le frêne aiguisait ses lames, attendant le combat. Les mousses, tiques des rochers, sentinelles au bas des miradors enflammés, veillaient, non loin des opopanax. Des hêtres surgissant des berges formaient des cimeterres éparses, prêts à fendre le cours du temps. Les champignons étaient des fourragères arboricoles. Quant aux sereines feuilles, brouillard de guerre rasant le sol, elles étalaient leur sacrifice et pensaient déjà à leur retour, autre part, future fumure.
...Je faisais glisser mes mains sur les troncs durant la promenade, sentais le relief torturé des écorces historiennes, faites de combes, de falaises escarpées. La rudesse de ces cartes vivantes me fascinaient. Peut-être que le Vieux Râble avait passé bon nombre de ses journées à y lire la vie, la mort, et le sang qui y coulait parfois.
...Le soleil bénissait l'ensemble du paysage, no man's land aveuglé par sa générosité, de devoir partir assombri. Les épicéas, avec leurs lourdes aumusses d'expérience, le titillaient un peu, sûrs de survivre au conflit. Ils exhortaient les arbres fruitiers de répandre leur semence sucrée.
...La nature avait l'air de considérer la cabane du vieil homme comme une pustule rouillée qu'il faudrait crever quand débuteraient les hostilités. Pourtant, les cycles passés, celle-ci était toujours debout, comme animée, se passant du temps plus qu'elle ne le subissait. Ce qui la mouvait dépassait la logique, case pourrie dans ce damier de nature décomposé.
...Dans une clairière insouciante et vouée au dépérissement, je ressors mes notes afin de me remémorer le trajet du prochain lieu. Le ciel lit par-dessus mon épaule. Je tombe à nouveau sur le témoignage de Frédéric II via le IV.



...Le paysage glissait et les feuilles tourbillonnaient -comme font les oiseaux téméraires dans le ciel, lorsqu'ils s'ennuient- sur notre passage. Le vent agitait les mèches de cheveux folles de M. Râble, qui avait l'air d'avoir bien changé. Il n'avait plus vraiment cette élégance nonchalante, mais plutôt un charme félin. Pour un vieil homme -il devait avoir maintenant 60 ans- il m'fallait une sacrée paires de guibolles pour l'accompagner! Il connaissait les racines, les fosses, les directions ; il avait du poser des marques, faire des entailles, mais j'ai foutrement rien vu!
...On a traversé rapidement une clairière puis on a franchi un petit col, qui surplombait des vallées et des cours d'eau que je n'avais jamais vus. J'étouffai un juron tellement que j'étais impressionné, je faisais pas le flambard. Il me sourit et m'amena tout léger à une grotte protégée par des planches qu'il avait dégotées je sais pas où. A l'intérieur il y était disposé des crânes : rangés par taille et nettoyés. Celui du bichard, en évidence, était magnifique. Il m'expliqua chaque 'combat': le piège utilisé, la position du soleil ou de la lune, la saison...
...Je trouvais ça bizarre, mais j'suppose que lorsque la vie est dure, faut se raccrocher à c'qu'on peut. Avec le temps, je comprends mieux...
...Comme c'était la fin de la journée, on est vite revenu dans son habert. Je commençais alors à remarquer que le chien restait très proche de son maître, comme s'il le devait. C'était bizarre. Pourtant le chien avait l'air normal, c'était une bien belle bête : son poil -comme du mouton!- était brun, bien fourni et lui formait une barbe qui l'humanisait. Ses oreilles tombantes lui donnaient un air penaud et tendre. Son pas était puissant et lourd, son corps robuste sous toute cette touffe: je n'aurais pas aimé partir en bagarre avec lui. Je comprends comment M'sieur Râble avait pu survivre dans la nature avec un tel compagnon -même si on avait fait mieux en lorette-. Il était son prolongement, sa seconde jeunesse.
...Une fois attablés, il nous servit une soupe bien bonne, malgré un goût étrange. Ce repas quotidien et solitaire devait lui sembler une évidence, comme une norme. Il ne m'expliqua pas la recette, se contentant de fumer des herbes qui rappelaient un peu le tabac avec sa pipe abîmée. Il avait accompagné ma gamelle de noix d'un arbre qu'il avait derrière sa maison. Je me lançai au hasard:
"M'sieur Râble...
(oui)
- Le criminel...
(oui)
- Eh bien, il s'est fait dégommer.
(il a l'air surpris. Silence)
- Par un gendarme.
(oui vague)
- J'ai pensé qu'il fallait venir vous chercher. J'ai eu du mal à vous trouver.
- Un gendarme...J'ai été gendarme avant, tu sais. J'ai exercé un tas de petits métiers, et maintenant je suis trappeur. J'ai eu plein de métiers, oui. Une longue vie. Et une vieille pipe pour y penser."
...Un silence s'installa. Je savais que j'aurais pas du lui dire -encore aujourd'hui, je sais pas ce que j'aurais du lui dire- et restai sur mon espèce de galet géant, devant le feu. Je voulais plus rien dire, je serrais les poings, j'avais du mal à vivre sur le coup. Il semblait avoir réalisé quelque chose, entre deux bouffées. La lueur de ses yeux s'était abîmée dans le feu qui pétaradait doucement.
"Le chien s'appelle Carcasse.
(j'acquiesce)
- Il a une cataracte. Bientôt il n'arrivera plus à m'aider, ni à nous défendre.
- Qu'est-ce c'est, une cataracte?
(silence)
Le feu crépite. Les faibles flammes s'agitent.
"Alors vous rentrez ? On trouvera que'que chose, pour votre chien. On trouvera un autre chien.
(pas de réponde ; les années ont l'air de le rattraper)
- Oh...Vous voulez que je dise quelque chose aux villageois?
- Je veux une rue.
- Une rue?
- A mon nom. C'est tout.
- D'accord. Tu veux savoir comment le tueur a...
- Non, juste une rue."
A ces mots, il se lève et s'avance vers son chien, qui ne le voit pas. Son corps flétri semble creux ; il fait un pas, deux pas, trois pas vers lui, puis s'effondre sur le barbet. Le con! La bête l'a mordu de surprise. Lui, il n'a pas bronché. Il a appuyé la plaie de son bras avec un chiffon sale, et a cherché dans un vieux pot en fer des herbes médicinales qui emboucanaient ; puis il a caressé son chien nerveux, qui ne savait pas où haleter.
"Baron...
- Non."
Il me montra la porte, toujours assis. Comme je ne bougeais pas, il a pris appui sur le chien, a craché dans la gamelle entamée du chien et me l'a balancée à la figure. Le pauvre vieux n'avait plus de force et le fracas a eu lieu devant moi: un bout de viande -du lapin?- a quand même réussi à atteindre mon soulier. Je me suis retrouvé couillon ; j'ai vite décampé et claqué la porte. Je voulais juste la fermer, mais tellement je tremblais...Le soleil avait fini de se coucher et il faisait noir : alors j'ai pleuré fils, putain qu'est-ce que j'ai pleuré!
J'ai remis quand même un peu de bois sur son fardier qui datait d'à peine son départ. La structure pourrissait déjà. Je me suis emmantelé, puis je suis parti, loin et vite.
...Peu de temps après, je suis tombé sur une route tout près de sa masure ; impossible que le vieil homme ne soit pas tombé dessus auparavant. J'ai indiqué mon village à des gars du coin, ils m'ont ramené dès le petit matin et la vie a recommencé. Je suis jamais revenu chez lui. Je m'empêchais d'y penser, même si j'aurais aimé savoir ce que c'était que ces plantes qui sentaient si fort, si c'était vraiment du lapin qu'il m'avait commencé, si...



...Généralement, Frédéric II éclatait en sanglots. Il n' a jamais réussir à finir son récit.
J'ai poussé jusqu'à la grotte, un peu au hasard. Elle avait été vandalisée: entre les vieux crânes écrabouillés, je pus en apercevoir un seul, intact. Je crus y discerner celui d'un chien.
...Je me suis rué dehors, épouvanté. J'ai obstrué la grotte avec des caillasses, sans regarder de nouveau à l'intérieur. Le froid tombait, l'hiver glissait lentement.
...J'ai beaucoup repensé, dans mon enquête, à cet épisode. L'étudier et essayer d'y voir ou y comprendre quelque chose. Mais personne n'a su m'en dire plus sur cet homme. Du coup, je restais longuement dans la rue du Baron Honoré Râble, à fumer la pipe.
...Frédéric IV m'a expliqué un jour, avec une certaine sagesse:
"La vie de chaque homme compte un seul vrai malheur. On pense quelquefois que les maladies emportent injustement les bons gars. C'est faux. C'est le drame qu'ils ont vécu, auquel ils ont été confronté, seuls, qui les tue. C'est un beau parasite, le malheur, ça peut pas être partagé, quoi qu'on en dise. Ça fait juste des émules. Si ça se trouve, un jour quelqu'un l'a chopé, un voyageur, et il l'a refilé au ban et l'arrière ban. Jusqu'à ce qu'il se rende compte un jour combien ça l'avait bouffé. Et là, il a du se dire 'Oh le con' mais c'était trop tard...C'était trop tard. Il avait plus qu'à pleurer en attendant que la vie finisse."...



__________________________________________________________________




Teckhell

4.16.2008

(O) - BALLET ET GIBOULÉ

11 Avril

Et les ballerines se frayent un chemin à travers le crachin dont s’abreuvent les pavés, avides de boue, de gouttes, de sel. Le dégoût naturel, et l’égout qui s’écoule…
Le cuir mal dégrossi se gondole, dégouline de liquide limpide alors qu’elles s’étirent mollement, comme après un long soleil qui les auraient rabougries, raffermies, endurcies, au point de comprimer cette chair mouvante et moulée au creux de leurs intimités symétriques.
Les pores respirent, la pensée renaît. Trempée.

« Question réflexion, l’homme s’y prend comme un pied. »
Les amis pas poètes pour un sou(lier) nous offre dans un délassant délassage, une vérité de viande à vif et crue.
La matière sous le cirage, et les semelles trouées. On se noie à la première flaque.

Comment, comment en ce cas continuer à avancer, à laisser la gauche supporter, cette fois, le poids, pour mieux balancer la droite, se prendre une droite, et changer ensuite, encore et encore, à grès des pas apeurés ?

Embrigadé dans sa propre girouette d’idée ?
Sonne l’heure de la gigue idéaliste, de l’entrechat trébuché et de la surréelle chute…
Chair endolorie et gonflée ne veut plus rien enfiler.
Notre propre peur de se perdre en nous même et nos propres peurs nous fait un sale pied de nez.
Chevilles fragiles…et ballerines piégées.

Droit devant, à marche militaire, regard lointain, aplomb assuré, les talons qui claquent, clack, clap, applaudis et remarqués. Et il ouvrent la marche, ego incommensurable.
En voilà des (grandes) pointures messieurs dames, les meilleurs du marchés de la marche, aux chevilles enflées écrasant les votres.
Pas de parade, laisser les parader !
IL sera trop tard après, bien après, l’herbe coupée sous le pied, de tenter une avancer sur un terrain damé, ratissé, ratifié, intouchable désormais, inviolable sous autorité de la virginale originalité, celle dont on ne peut parer ces idées, faute d’en avoir à la fabrication été soi même paré.
Ainsi réduite à l’immobilité,
Les ballerines maudissent
Leur mauvais cordonnier.

Tiraillée entre l’un et l’autre, en indépendance et intégrité, le ballet des ballerines n’a jamais commencé.

L’obscurité qui envahit les pavés fait peu à peu disparaître aux yeux des hommes l’assaut continue des gouttes qui cloue un peu plus chaque seconde les chaussons dans leur flaque souillée.

Les ballerines stagnent,
le chausseur s’en veut,
les chevilles ruissèlent
d’indécision salée.


Orkimaru

4.03.2008

(T) - ÉRUPTION DES FRONDES

[...] Un homme, couché sur elle, agrippé à ses épaules, l'appelait calmement.
- Mon amour. Mon amour.
Il se tourna vers la foule, la regarda, et on vit ses yeux. Toute expression en avait disparu, exceptée celle, foudroyée, indélébile, inversée du monde, de son désir. La police entra. [...]
L'homme dans son délire, se vautrait sur le corps étendu de la femme. Un inspecteur le prit par le bras et le releva. Il se laissa faire. Apparemment, toute dignité l'avait quitté à jamais. Il scruta l'inspecteur d'un regard toujours absent du reste du monde. [Un peu après], l'homme s'assit près de la femme morte, lui caressa les cheveux et lui sourit [...] on put voir que la femme était jeune encore et qu'il y avait du sang qui coulait de sa bouche en minces filets épars et qu'il y en avait aussi sur le visage de l'homme qui l'avait embrassée. [...] L'homme se recoucha de nouveau le long du corps de sa femme, mais un temps très court. Puis, comme si cela l'eût lassé, il se releva encore. [bien plus tard] L'homme marcha docilement jusqu'au fourgon. Mais une fois là, il se débattit en silence, échappa aux inspecteurs et courut en sens inverse, de toutes ses forces, vers le café. Mais, comme il allait l'atteindre, le café s'éteignit. Alors il s'arrêta, en pleine course, il suivit de nouveau les inspecteurs jusqu'au fourgon et il y monta. Peut-être alors pleura t-il, mais le crépuscule trop avancé déjà ne permit d'apercevoir que la grimace ensanglantée et tremblante de son visage et non plus de voir si des larmes s'y coulaient.

Marguerite DURAS, Moderato Cantabile (1958)

Sujet de L'Epreuve Anticipée de Français: éclairez les évènements racontés dans l'extrait ci-dessus par le récit que pourrait en faire l'homme dans un monologue intérieur qui explicitera ses émotions, réactions, mobiles comme dans un roman traditionnel.


Ca faisait longtemps.
____________________________________________________________________________


Le fourgon décampe du paysage.


..Quelqu'un me dit quelque chose,
je le regarde en bavant,
en bavant notre sang.
Puis je crache,
j'expulse notre amour.


Le coup de crosse est franc, j'en perds une dent ;
du moins je le suppose, le coup ne m'atteint pas.

Il me reste un peu de sa vie en bouche,
assez.
Je ne dois pas l'avaler, la garder.

Mes mains tapotent frénétiquement mon pénis, stimulé par les va-et-vient sur la morte.
J'y repense, je me caresse. Second coup de crosse, ou seconde dent. La peau endolorie est chaude, chaude de cette violence entreprise.
Son sang flotte.

Elle n'était pas quelqu'un, elle était quelque chose. Son anatomie n'était plus, son âme était mienne, et puis
Un cahot
J'avale un peu, furieux, frottant à présent mes doigts vigoureusement contre le métal gangréné de ce tacot.
Cela me rassure.
Je me disais.

Je l'ai trouvée jeune et vierge, vierge sur ma verge. Entre pas de toit et pas de chance, elle m'a choisi. Je l'appelai Toi.
"Toi sois ignoble",
"Toi éructe dans mon oreille"
"Toi crève"

Oh, elle était petite.
Petite comme une vie.
Je crois qu'elle a toujours eu le choix, en fait.



Elle m'appelait peu mais avait besoin de moi, tout comme j'avais mes besoins.
Nous avions une vieille maison,
du côté de quelque part,
obtenu entre deux interludes.
Je devais leur avoir fait sauter les ongles
avant la tête, puis avoir ordonné à Toi
de lécher le coulis.
Oui j'aimais bien, ça.

On entend un écoulement.

Un policier écrase sa cigarette sur mon pantalon,
mon genou dans l'abîme dévorée.


Il me sourit.
Je gargouille.
Il ne sait pas qui je suis.
C'est triste, parce que moi non plus.


Toi a réussi à me savoir, un crépuscule.
Crapule, je suis Crapule.
Je suis mots, syllabes, sangs dans ma bouche.

Ravagé et ravageur, spleen et splendeur, je frotte mes doigts rouges.

J'aimais saluer les gens chez eux.
J'avais souvent quelque danger en main,
Toi des haillons
empestant le sexe et le cigare froid.

Je me plaisais à les voir se mélanger devant moi, souvent par Terre.
eau,
bile,
sang,
urine,
poison,
sperme.
Toi hurlait quelquefois, et je la frappais pour la faire, elle aussi, Terre.
Elle s'est toujours relevée, sauf aujourd'hui.



..Pourquoi les gens partent ; surtout pourquoi arrivent-ils. Au fil de mes fantasmes, j'ai du me rendre à l'évidence - puis à la police, mais un jour différent. J'ai du me montrer aussi ferme que ses seins l'étaient, en attendant.

Aujourd'hui me paraissait un jour précis, différent.
Un jour spécial seulement parce qu'on y pense.


On a prit une voiture et un café, je lui ai dit des mots paternels, puis

Toi, je t'aime.



Je n'aurais pas du être différent.

Je l'avais contrarié, ça se voyait.
Alors, pour la calmer, je l'ai frappée.
La table était en verre et contre nous.
Son visage était déchiqueté, et j'étais un peu refroidi.
Je restais silencieux, quelques gens aussi.


J'avais peur qu'il croit qu'elle était à jeter.
Alors je l'ai dénudée, prise.
Elle avait toujours été blette dans ces moments-là.
Mais elle devait être encore déçue.
Je n'avais pas d'eau sous la main, juste du sperme et du sang sur les mains.

Je l'ai nettoyée comme j'ai pu, rhabillée.
Puis je me suis agrippée à elle,
marmonnant des songes.

J'ai après, essayé de la reposséder un peu, mais je lui avais tant donné.


Après.


Les policiers m'ont dit qu'elle était morte,
que c'était dommage,
et que j'étais en état d'arrestation.


Depuis, cette camionnette.

Assez ressassé.

Je viens de m'apercevoir que j'avais fini de boire
mon Amour
mon histoire.
L'instinct
revient.

Je tire la langue à l'homme qui sourit.
Il me sourit, jette sa cigarette dans mon tréfonds intime

Alors, je sais ce qu'est la vie, et sais ce qu'est la mort.



Je bondis de mon siège,
mes doigts ensanglantés,
et je le jette au sol,
pour qu'il devienne Lui.
Je l'embrasse dans la modeste flaque de sang,
le frappe à la matraque
pour qu'il fusionne avec moi.



Un homme tire,
Un cahot
la balle ricoche,
Un homme crie.



J'aime ça, je ne connaissais pas ça.


Je sens des lames. Je ne connaissais pas.




Elles labourent mon dos,
semant des gangrènes,
libérant les flux.

Lui a achevé ma vie.
Et je suis heureux, je patauge.
Je souris moi aussi.



Crapule, je suis Crapule, mais plus pour longtemps.
Car ils sont jaloux de Lui,
de Toi,
car ils sont jaloux de moi!



***


Note: Cet écrit a été refusé par la professeur de français, car jugé trop "dérangeant". Il a donc fallu réaliser un autre écrit, plus "acceptable".



Teckhell

4.01.2008

(O) - NONSENSE

Une chaise,
Un stylo,
Un métro,
Et un putain de mal de tête.


???

Hairsitation
Qui a dit que je n'étais que superficielle?
...Don't say her, say hiI...
On écrit, peuh!
D'où on écrit peu.
Allez savoir, j'ai depuis longtemps paumé le GPS.
Et je me suis perdue dans les notions.
Facile de mélanger les langues,
hum?
Deux fois plus de maux, et de structures à dépecer.
dépecer ; oui! Eh bien quoi?
La charcutière de langue, la lame emoussée au bout du stylo.
La charretière sous l'ombrelle, BoRdEl De MeRdE!

Parce que ça ne sied à personne.
Ah! Sied-on nous dessus.
Mais que suis-je?
Boulot et boule au ventre.
Voilà une première giclée qui restera sèchement.
Paradoxe, première impression sur papier rapeux,
Et le resultat qu'on ne choisit pas. OopS !
!!!

In the metro...La banane en moins.
(comprendra qui lira)
WELCOME INtroduction
Orkimaru


Snake