Etincelle


6.05.2008

(T) - TACTILES OUBLIS

Ma mémoire de plus en plus s'efface.



Or, même si je n'aime pas ce que j'écris, il me faut néanmoins l'apposer quelque part. Ça sonne comme une banale évidence. Oui, c'est comme quand mon professeur d'histoire après avoir lancé un désespoir, qui arrête sa gestuelle, rabat ses mains, lève les yeux pour mieux scruter le mur.
Et il dit aux briques "C'est comme ça." ; et les briques ne pleurent même plus.



INSERT COIN


L'âge, cet intemporel ;
Souples bougies dentelées
Au creux des années grises
Qui sucrent nos vies de sel.

On est pas Serre-ieux quand on a dix-sept ans.
Juste les yeux Yannis et la fleur aux dents.


INSERT COIN

Le péril faune


La rivière jaune, au fond d'une tombe, sinueuse et onctueuse, déborde.
Le terreau attaqué s'effrite, s'effare, s'affaisse ; le glissement de terrain dérape.
La flute des pans jouent ses notes rugueuses, un caillou blanc expire, des monts s'effleurent.
Arrivent les incestueux insectes, goupils carapacés. Le rectangle spasmodique hurle des balivernes de son toit, d'où des lords mandibulaires s'évadent dans le crépuscule.
Soudain, un serpent des dunes déambule, hagard. Affaissé par des gourmandes canines, le sable incante le roc ; le corps embrasse l'immonde ; l'espace abrège le beige dilué.
L'éponge subit une apocalypse puis, calme las. Les dits lords redeviennent simples imposteurs, le serpent enfoui une nouvelle fois et la flute, puis c'est le juron.


INSERT COIN


C'était un débris qui dévisageait une ordure puis merdre. Silence. Un haricot se retourne, s'évanouit ; il se réveille et s'enfuit encore.


INSERT COIN


Un chien mastoc mastique une plante. Son poil paille se soulève dans les bourrasques ; les oreilles virevoltent et le cabot s'allège.
Dans le vieil écume, l'œil motte de terre du mammifère scrute des distances. Les pattes brossent vaguement des airs et les pins chantent.

Le défini est alors défait et l'abstrait comparé.

Les limbes souterraines et révoltées puisent des feuilles éparses, les subliment en arabesques ; alors les libérées s'inondent dans l'oxygène.
L'instinct reprend ses émois, et déjà le canin ondule maladroitement son être afin de saisir, de se raccrocher. Il gronde des tonnerres et griffe les séismes, ce cabot du mimétisme.
Ca y est, déjà l'ampleur : le chien délaisse sa plante et dévore l'atlante terrestre.

INSERT RIEN


Aujourd'hui, mon casque est mort et j'en parle encore à mes oreilles. Et on ne comprend pas, non. On ne comprend pas. Alors je les prends avec mes mains, et à nous cinq, on dodeline doucement de la tête. Les chansons ne viennent même plus.



Teckhell

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Snake