Etincelle

5.24.2008

(T) - L'OUVRAGE IMPOSTEUR

Plus d'introduction : quand j'écris sur moi, je fais dans le jeu ;
en cas contraire, laissez moi rester sur mon île.


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L'actrice Tess, dans Nonchalance.




Nul brui t, la lune bru nie.


Elle relève ses yeux puis son visage,
toute tremblante,
toute endolorie.



Le haut de ses seins frissonne, elle s'arrête

soudain.






La vision se complexifie,

les poussières du regard se détachent,
emportées ;


elles restent pourtant en suspens, délicates et amoureuses.


Tess est contemplative, curieuse. Elle fait gambader ses doigts le long d'une hanche.
La mousse de sa peau, onctueuse, la ravit.


Elle s'aime.


D'un air posé et affectueux, elle embrasse chaque doigt.
Appliquée, elle chantonne distraitement, rose de vie.


La musique s'installe.

Un homme s'étale. L'actrice minaude ; elle joue de ses formes, susurre des choses.
L'homme passe outre, la plaque contre une bibliothèque, lui parle de littérature.



Il s'agrippe à la mousse, lui parle de cerises, la hait. Elle est toute belle, elle désire et tempère.



Ils prospèrent.



Mais l'homme tempête, applique sa paume entière sur le versant du visage de Tess.

Elle sourit jusqu'aux oreilles ; ses hanches crépitent, son tronc explose,

et le sucre chaud.



L'homme entaille, un accroc, puis la rejette, sans un mot. Les livres tombent.


Elle l'aime.


Relevée, l'homme prend une chaise, l'anéantit. Les matières jouent et fondent.

La langue hagarde s'ébat sur la paume,
se prolonge et
abat
son toucher coloré.


Un autre éclat boisé rebondit sur le souple cheveu,
le distance, et aboutit à
Tess.


Les yeux pénètrent des univers,
baffrés.

La musique s'abime.

Les personnes ne se consument qu'à peine ; la bibliothèque regarde ses livres ;
l'homme part et l'actrice Tess voudrait de nouveau s'aimer.

Or...
La chaise est morte.




Teckhell

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Snake