Etincelle


5.10.2008

(T) - CORPS DE FICELLE




"Il avait la rudesse des gens tristes..."




Encore cette phrase qui revient. Cette phrase qui surligne ou souligne, qui va et vient, sans s'arrêter, comme un mouvement de balancier ignoble.
Oh, Dear.
Oh, Damn'.
Oh didamdidou.



Le quotidien, c'est utile, parfois.
Ça permet de raviver des souvenirs, des instants abrupts, absurdes.
Par exemple le matin où je me suis levé, me suis assis contre le lit, et me suis mis à trembler.
4 minutes. Ce ne sont que des données, d'époustouflantes échappées, qui se succèdent.

Et ce, sans l'ombre d'un Proust.

La pensée partie, il ne reste que l'existence.


Un jour, j'ai fermé une de mes parenthèses.
Une fois deux, on arrive à certaines évidences.

Il faut parfois deviner le moment au lieu de s'observer devenir quelqu'un.


La parenthèse saluée, j'ai entamé une autre phrase.

En mon for intérieur, l'écrit n'a de toute façon jamais été le mien.


Pourtant... Je suis de nouveau dans le circuit.
Va savoir. Je suis incorrigible.





Et toujours cette phrase qui galope.

"Il avait la rudesse des gens tristes"


Je panse donc j'essuie.



" Et un jour j'étais blanc ; l'autre aube je me retrouvais noir ; mais on ne retint de moi que le gris. Pourtant, loin de mon existence crépusculaire, j'aurais désiré âprement avoir été ocre, curry ou prairie. Depuis, j'en pleure des nuages. "



Les yeux levés au ciel, on ne tombe généralement que sur son plafond.



"Les yeux sombres et la jolie petite tenue qu'elle portait s'accordaient sur la guitare du monde dont l'air rafraichissait la pièce. Nos corps étaient agréables, le silence chaud. Cependant la douleur des caractères..."



Les yeux à la fenêtre, c'était déjà constater que l'on n'était pas dehors.



Je n'ai jamais griffonné, pendant onze mois. J'ai enseveli tous mes colosses, d'un air penaud et mélancolique. Tout s'oublie, les malheurs évoluent.
Ça a fini de détruire la fougue et le charme de ce que je pouvais encore concevoir. C'a été agaçant de l'apprendre ; puis demain est arrivé et tout était déjà oublié.



J'écris pour me souvenir, tout est dit.
Je me recueille sur des écrits, des goûters de sensations.
Alors je détourne la tête et j'affronte le jour.



Tout le monde fait ça, et bon dieu je cherche encore le raisin ignoble.

Mâchonner le délicat et succulent,
descendant
et
enrobé
dans le lent mucus de mes émotions.

Miennes et miam, miennes et miam.


Mais ce retour biscornu n'est mystérieux que de toi, licteur. Pour moi, tout éclair trouve son étincelle dans l'arbre qu'il souhaite embraser. Toute bruine recouvre une épopée intime ; ses gouttes, ma légion dispersée, crépitent à l'aveugle en un torrent endolori, n'ayant qu'un but.




Atteindre.





Les orages comportent des accalmies.
Mais desquels faut-il sourire?
Je n'ai pas choisi mon camp, ce pourquoi

je suis ici.

Et coincé à jamais -bas.


Teckhell

2 Grain(s) de sable.:

jaivulautre a dit…

Le beau chemin vers la folie.

Anonyme a dit…

Mmm, la création littéraire, c'est se triturer l'âme, effectivement... On peut considérer ce processus comme une cuisine peu ragoutante, mais en même temps, donne moi ne serait ce qu'une action un tant soit peu acceptable? Notre amour propre n'est qu'un grand paillasson que nous ne nous lassons pas d'utiliser. Comme disait un certain Vautrin, l'important, c'est de savoir se débarbouiller!

Tu as encore un peu d'amertume au coin des lèvres.

Cette nuit, je me suis tiré les tarots. Mon futur? XIII... La dernière fois, c'était la roue... pas mal, hein?


Snake