Etincelle


5.25.2008

(O) - SCOLAIRES INDIGNATIONS

Analyse Littéraire et Réécriture.
Limitons les traces de godasse sur les beaux mots des autres, je vous prie.

Comme une colère en aventure, avec son bagage de fausse importance.
Je fais 8h par semaine ce que je décrie et décris ici.
Ah bravo.

_O . O_

Oh Beau de l’air


On n’en manque pas, penchés sur tes feuilles.
Le pire des accouplements, nos mots, et les tiens,
Loin d’être consentants

Des idées fourmillantes comme architectes à cette étrange, étrange
De faire notre; l’écrit d’un étranger.
Termites grouillant dont les colonnes immenses
Ne sont que ton papier. Mâché.

Des repérages désorientés,
Des (h) axe hachés
Interprétation bâclée

Et Clé de l’œuvre, Clé de l’œuvre…

…dont la serrure est cassée.

Sucer tes expressions comme tu suces la tige des pissenlits,
Le même jus amer, qui coulent des commissures.
Et cette substantifique moelle comme Graal enterré.

Dans ta longue décomposition, composer à ton œuvre d’actuel attraits,
Préoccupations d’un homme étirées à un millier avides…slack !
On raccommode les vergetures, et le tissu littéraire éclaté.

Chrysanthèmes,
Anathème,
Analyse.

Etudions donc ton esprit, sur ton corps lacéré.

_O o O_

Oh ! Mais je suis bonne à ça !
Décortiquer tes mots, sans savoir en écrire.
Comprendre c’est t’englober.
Ma bouche est suffisamment grande pour t’avaler tout entier,
Et te recracher, en accords monocordes.

Somnambule de la personnalité


Un pied in et hors de ton corps,
Et je suis là à cavalot sur ta hanche,
A cheval sur mon Nerval.

Trois petit points, et c’est trois petites gouttes qui tombent.
Tes larmes sont un sang translucide,
De la plus drôle des blessures :

Celle d’un cambriolage du cœur
Qui palpite, entre mes mains en coupe.
Et la lame de ma langue, qui formule des politesses,
Courbette pour mieux te disséquer,

Baissée, au niveau du ventre,
Baissée, agenouillée devant toi, mon grand homme, mon modèle,
Baissé, pissant d’humilité sur mes note à mes pieds.

Baissée, ta garde et SLACK !!
Coup de langue qui éclate ton nombril on son d'une toute petite voix :
« Mais je veux juste comprendre… »

Prendre.
Pendre.

Ton texte prisonnier de tes mots.
Inchangeables, et plats, tes Caractères d’impression uniformes, Ma Bruyère.
Gravé dans l’ivoire du papier.

Ton mot est prison,
Les notre condamnation.
We judging cretins !

Ma salive se lie à celle d’un millier d’yeux humides qui t’ont parcourus
Et on colle le timbre, sur ton enveloppe de dignité fanée.
Gens et genre définis.

ET-TIC-ET-TE moule à notre perception,
Pas vraiment plus étroite, juste plus sûre d’elle.
Si tu savais le nombre qu’on s'en s’est fait tourner…
Orgueil de violeurs.


-u_u-

Nos âmes minuscules aux culs trop haut placés,
A l’écriture maladroite et la lecture malhabile,
Attendent pour t’étoffer que tu sois trépassé.

La nudité de l’idée fait peur, jeune auteur, prend garde !


Laisse des textes aux imparfaits, brûle les écrits présents !

Qu’il ne vienne pas à l’idée à tes mioches,
De s’armer d’un stylo, pour te dépecer vivant.

Chair de mo(r)ts.


Orkimaru

5.24.2008

(T) - L'OUVRAGE IMPOSTEUR

Plus d'introduction : quand j'écris sur moi, je fais dans le jeu ;
en cas contraire, laissez moi rester sur mon île.


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L'actrice Tess, dans Nonchalance.




Nul brui t, la lune bru nie.


Elle relève ses yeux puis son visage,
toute tremblante,
toute endolorie.



Le haut de ses seins frissonne, elle s'arrête

soudain.






La vision se complexifie,

les poussières du regard se détachent,
emportées ;


elles restent pourtant en suspens, délicates et amoureuses.


Tess est contemplative, curieuse. Elle fait gambader ses doigts le long d'une hanche.
La mousse de sa peau, onctueuse, la ravit.


Elle s'aime.


D'un air posé et affectueux, elle embrasse chaque doigt.
Appliquée, elle chantonne distraitement, rose de vie.


La musique s'installe.

Un homme s'étale. L'actrice minaude ; elle joue de ses formes, susurre des choses.
L'homme passe outre, la plaque contre une bibliothèque, lui parle de littérature.



Il s'agrippe à la mousse, lui parle de cerises, la hait. Elle est toute belle, elle désire et tempère.



Ils prospèrent.



Mais l'homme tempête, applique sa paume entière sur le versant du visage de Tess.

Elle sourit jusqu'aux oreilles ; ses hanches crépitent, son tronc explose,

et le sucre chaud.



L'homme entaille, un accroc, puis la rejette, sans un mot. Les livres tombent.


Elle l'aime.


Relevée, l'homme prend une chaise, l'anéantit. Les matières jouent et fondent.

La langue hagarde s'ébat sur la paume,
se prolonge et
abat
son toucher coloré.


Un autre éclat boisé rebondit sur le souple cheveu,
le distance, et aboutit à
Tess.


Les yeux pénètrent des univers,
baffrés.

La musique s'abime.

Les personnes ne se consument qu'à peine ; la bibliothèque regarde ses livres ;
l'homme part et l'actrice Tess voudrait de nouveau s'aimer.

Or...
La chaise est morte.




Teckhell

5.10.2008

(T) - CORPS DE FICELLE




"Il avait la rudesse des gens tristes..."




Encore cette phrase qui revient. Cette phrase qui surligne ou souligne, qui va et vient, sans s'arrêter, comme un mouvement de balancier ignoble.
Oh, Dear.
Oh, Damn'.
Oh didamdidou.



Le quotidien, c'est utile, parfois.
Ça permet de raviver des souvenirs, des instants abrupts, absurdes.
Par exemple le matin où je me suis levé, me suis assis contre le lit, et me suis mis à trembler.
4 minutes. Ce ne sont que des données, d'époustouflantes échappées, qui se succèdent.

Et ce, sans l'ombre d'un Proust.

La pensée partie, il ne reste que l'existence.


Un jour, j'ai fermé une de mes parenthèses.
Une fois deux, on arrive à certaines évidences.

Il faut parfois deviner le moment au lieu de s'observer devenir quelqu'un.


La parenthèse saluée, j'ai entamé une autre phrase.

En mon for intérieur, l'écrit n'a de toute façon jamais été le mien.


Pourtant... Je suis de nouveau dans le circuit.
Va savoir. Je suis incorrigible.





Et toujours cette phrase qui galope.

"Il avait la rudesse des gens tristes"


Je panse donc j'essuie.



" Et un jour j'étais blanc ; l'autre aube je me retrouvais noir ; mais on ne retint de moi que le gris. Pourtant, loin de mon existence crépusculaire, j'aurais désiré âprement avoir été ocre, curry ou prairie. Depuis, j'en pleure des nuages. "



Les yeux levés au ciel, on ne tombe généralement que sur son plafond.



"Les yeux sombres et la jolie petite tenue qu'elle portait s'accordaient sur la guitare du monde dont l'air rafraichissait la pièce. Nos corps étaient agréables, le silence chaud. Cependant la douleur des caractères..."



Les yeux à la fenêtre, c'était déjà constater que l'on n'était pas dehors.



Je n'ai jamais griffonné, pendant onze mois. J'ai enseveli tous mes colosses, d'un air penaud et mélancolique. Tout s'oublie, les malheurs évoluent.
Ça a fini de détruire la fougue et le charme de ce que je pouvais encore concevoir. C'a été agaçant de l'apprendre ; puis demain est arrivé et tout était déjà oublié.



J'écris pour me souvenir, tout est dit.
Je me recueille sur des écrits, des goûters de sensations.
Alors je détourne la tête et j'affronte le jour.



Tout le monde fait ça, et bon dieu je cherche encore le raisin ignoble.

Mâchonner le délicat et succulent,
descendant
et
enrobé
dans le lent mucus de mes émotions.

Miennes et miam, miennes et miam.


Mais ce retour biscornu n'est mystérieux que de toi, licteur. Pour moi, tout éclair trouve son étincelle dans l'arbre qu'il souhaite embraser. Toute bruine recouvre une épopée intime ; ses gouttes, ma légion dispersée, crépitent à l'aveugle en un torrent endolori, n'ayant qu'un but.




Atteindre.





Les orages comportent des accalmies.
Mais desquels faut-il sourire?
Je n'ai pas choisi mon camp, ce pourquoi

je suis ici.

Et coincé à jamais -bas.


Teckhell


Snake